
« La fin justifie les moyens ! », paraît-il. C’est la doctrine simple pure et dure à laquelle semble croire Martin (Nicolas Duvauchelle, vu notamment dans Polisse), chef d’équipe de soldats surentraînés pour traquer des terroristes, quand il donne son go pour valider une séance de torture à ciel ouvert. Embarquement pour l’Irak.
MOSSOUL LES ÂMES
Martin est à la tête d’un commando qui arpente Mossoul, ces dangereuses rues minées, ces allées recouvertes de gravats. Ils sont à la recherche d’un terroriste français ; venu faire la guerre en Irak et coordonner des attentats en France. Plus il passe les maisons au peigne fin, plus l’étau se resserre sur Zaïd (Moussa Maaskri, Bronx).
Ce haut responsable terroriste est finalement attrapé. C’est le début d’une course-poursuite.
Car en échange de précieux renseignements, susceptibles de sauver la vie à des milliers de français, le roublard et costaud captif exige que sa fille, épouse d’un jeune français violent et venu faire le djihad, et son petit-fils soient auprès de lui. Et pendant ce temps-là, Nina (Nina Meurisse, Camille Lepage), tireuse d’élite arrive dans le groupe majoritairement masculin.
SACRÉ NICOLAS !
Barbe de trois jours, tempérament à fleur de peau, capable de gros pétages de plombs, Martin est une bombe à retardement. Et qui mieux que Nicolas Duvauchelle, expert depuis des années maintenant dans l’interprétation de ces durs-à-cuire au fond sensibles ? Personne.
À ses côtés, il y a notamment : Rimbaud (Tewfik Jallab, Paradise Beach), poète mais pas trop, voix de la sagesse qui finit par ne plus donner de la voix dans cette guerre contre un ennemi prêt à tout, mais aussi Spit (Victor Pontecorvo, La troisième guerre), geek de service et dépressif, ou encore Adèle (Marie Dompnier, Boîte noire), cheffe qui a du mal à ne pas mélanger amour et travail.

À sa façon, avec ses failles, ses blessures internes/externes, fait de Cœurs Noirs une série à voir.
« CŒURS NOIRS », AU CŒUR DE L’ACTION
L’épisode où Nina, spoiler: avec son fourniment qui pèse sur ses épaules, son code de l’honneur qui l’empêche de tuer un enfant venu troubler une opération périlleuse, va de maison en maison pour échapper à ses ennemis, la peur au ventre, est un petit bijou. On y est dans cette nuit noire qui révèle gouttes de sueur et peurs, avec elle. On tremble autant qu’elle sinon plus.
Les co-créateurs de la série, Dang Thai Duong et Corinne Garfin, qui ont notamment travaillé sur Le Bureau des Légendes, ont réussi à faire retranscrire correctement tout ce qui passe par la tête de ces soldats préparés au pire mais qui ne le rencontrent que très rarement.
Ils sont à la fois formés et désemparés, intransigeants et accommodants, quand il faut enfreindre les règles de la guerre.
De plus, l'épisode, spoiler: avec cette embuscade dans le tunnel, à effet domino, fait un peu penser à celui d'une récente série sur un groupe de forces spéciales, américaines cette fois-ci : The Terminal List. spoiler: Où un chef d'équipe décide de mener sa propre enquête après qu'une partie de son équipe ait été décimée.
Même s’il n’y a pas encore de date prévue pour la saison 2, actuellement en cours d'écriture, il y a fort à parier que tout sera articulé autour de : « La fin justifie les moyens ! »