
Après la période de dur labeur (tournage), présentation et en compétition de festival en festivals, c’est le temps des récompenses et SIRA est couvert de lauriers.
La dernière récompense en date est le Prix du Jury [présidé par la productrice australienne Maxine Williamson], remporté par SIRA à la 28è édition du Festival International du Cinéma d’Auteur de Rabat, au Maroc (10 – 17 novembre 2023) auquel ont pris part plus de 40 pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie. C’est le comédien ivoirien Mike DANON (Moustapha dans Sira) qui a réceptionné le prix.

Dans la même période du succès marocain, le 11 novembre, à Ouagadougou au Burkina Faso, lors de la cérémonie de remise de trophées des 8è SOTIGUI Awards (Académie des Sotigui des arts cinématographiques africaine et de la Disapora), SIRA a fait bonne récolte. Trois prix dont le Sotigui d’OR et le Sotigui du meilleur acteur Afrique de l’Ouest décernés à l’acteur Lazare Minoungou qui joue Yéré dans le film, le trophée de la meilleure jeune actrice de l’Afrique est revenu à Nafissatou CISSÉ – qui interprète le personnage de Sira. Des récompenses au-delà de celles reçues, deux semaines avant, à la 19è édition des Africa Movie Academy Awards (AMAA) 2023 à Lagos, au Nigeria où le film d’Apolline Traoré remporte le Prix du meilleur réalisateur et celui du meilleur son (Vianney Aube). De quoi à réjouir la réalisatrice burkinabè qui s’est dite « très fière d’être la première femme à recevoir le prix ».

Début novembre, aux Etats-Unis, à l’occasion de la 27è édition de l’Urban World Film Festival (1 – 5 novembre 2023), SIRA ne passe nullement inaperçu car ayant reçu le Prix de la meilleure réalisatrice et le prix du meilleur film étranger.
Tourné dans le désert Mauritanien au lieu de Dori, dans le nord du Burkina Faso, du fait de problèmes sécuritaires dans le pays.

Poussé par un esprit de rigueur et de travail bien fait, Apolline Traoré fait connaître, un mois avant le tournage, le désert mauritanien aux acteurs principaux – de sorte à les mettre dans le bain. Mais le désert mauritanien n’est pas si tendre. Forte chaleur (55 degré insupportable), l’actrice principale Nafissatou CISSÉ qui perd connaissance, tempête, la pluie qui dans la fréquence détruit les décors, réalisation hors budget du fait de la délocalisation du site de tournage, Sira a été « extrêmement difficile à réaliser ». Le tournage durera trois mois. « Avec honneur », car il ne fallait pas abandonner, la réalisatrice et son équipe iront au bout de leurs peines malgré les imprévus et autres difficultés. Pour Apolline, SIRA « est le film le plus difficile » de sa carrière. Mais, au finish, la réalisatrice peut être fière des objectifs qu’elle s’était fixés.

« J’ai vraiment obtenu ce que voulais [des acteurs]», se réjouissait Apolline à la sortie du film. Les acteurs s’étant « donnés corps et âme » pour faire de SIRA une production qui marque les esprits, le film, lui, le leur rend bien à travers une série de récompenses, depuis sa sortie. A commencer par la 28è édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) en 2023 où SIRA (2H02), SIRA – le seul film burkinabè en compétition dans la catégorie long métrage pour l'Etalon d'Or, montera sur le podium récompensé de l’Etalon d’argent du Yennenga. A ce Fespaco (25 février au 4 mars), le film remportera quatre prix spéciaux. A savoir : Prix Félix Houphouët-Boigny du Conseil de l'Entente, Prix CEDEAO de la meilleure réalisatrice ouest-africaine, Prix spécial Assemblée législative de transition du Burkina Faso et le Prix WaterAid Burkina pour l'eau, l'hygiène, l'assainissement et le changement climatique. Un succès qui ira au-delà des frontières burkinabè.

Car, bien après le FESPACO, en compétition à la 73è Berlinale à Berlin (16 – 26 février 2023, en Allemagne), le film recevra le Prix du Public Panorama du meilleur long métrage et le Prix du film d'Amnesty International. Fin août 2023 à Amsterdam, aux Pays-Bas, Apolline Traoré monte sur la plus haute marche du podium, honorée du Grand Prix World Cinema exchange Award, un festival dédié aux films d’Amérique latine, africains, asiatiques et caribéens.

SIRA qui porte un regard sur la menace terroriste (voir synopsis), est un film dramatique (de fiction) qui a été produit avec l’aide du Fonds Image de la Francophonie et a bénéficié du soutien financier de l’Union Européenne et l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) dans le cadre du programme ACP-UE Culture.
Titre : SIRA / La Grotte de Sira (anciennement)
Catégorie : Fiction cinéma
Durée : 100 minutes
Réalisateur & Scénariste : Apolline TRAORÉ (Burkina Faso)
Producteur en charge : LES FILMS SELMON (Burkina Faso)
Coproducteurs : Auracania Films (France) ; Sarama Films (Mali)
Langues du film : Anglais ; Français ; Peul / peuhl / pulaar / fulani ; Mooré (Burkina Faso)
Distribution :
Nafissatou Cissé : Sira
Mike Danon : Moustapha
Lazare Minoungou : Yere
Nathalie Vairac : Aissatou
Ruth Werner : Kemi
Abdramane Barry : Jean Sidi
Ildevert Meda : Karim
Oumou Ba : Djamila
Seydou Diallo : Tidiane
Moïse Tiemtore : Faysal
Synopsis
SIRA, jeune fille peule et sa tribu traversent le désert pour se rendre dans un village où son fiancé Jean-Sidi l’attend pour l’épouser. Soudain, tous les hommes sont violemment massacrés par une bande surgie de nulle part.
Le chef des agresseurs, Yéré emmène Sira pour s’être fait humilier par elle. Violée et laissée pour morte dans le désert, Sira se retrouve seule face à son instinct de survie. Elle trouve refuge dans une grotte. Elle découvre dans ce désert que le camp des terroristes est dirigé par Moustapha, le meilleur ami de son père et Yéré son violeur. Entre amertume, désolation et désir de vengeance, Sira, qui va devoir assumer qu’elle est enceinte de son agresseur, décide de tout faire pour déjouer les plans macabres des terroristes, tandis que sans qu’elle ne le sache son fiancé est parti à sa recherche… Trois générations de femmes se révèlent aux côtés de Sira : Aissatou, sa mère, Kémi adolescente kidnappée, séquestrée comme esclave sexuelle.